| Carnets de Studio |
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Stéphane Planchon est producteur du dernier disque de Yassine.
Il nous confie quelques uns de ses secrets d’enregistrement... |
| > Comment t'est venue l'idée de créer ton studio ? |
| J’ai toujours possédé une workstation MIDI organisée autour d’un Mac. Il y a maintenant 10 ans, lorsque j’ai commencé à réaliser des séances pour la publicité et la musique sur image, la nécessite de pouvoir contrôler la production de A à Z m’a conduit à développer cette structure. Le studio s’est alors construit petit a petit, au fil des besoins et des moyens de production. |
> L'équipement est très impressionnant, peut-on encore dire qu'il s'agit vraiment d'un "home studio" ? |
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Difficile à dire. Selon moi c’est avant tout un outil de travail, un lieu de création, qui me sert à réaliser des projets personnels ou en collaboration avec d’autres musiciens.
Au niveau technique, je crois qu’il n’a effectivement rien à envier aux structures de studio plus traditionnelles.
L’équipement très complet nous permet en outre de tout programmer, enregistrer et mixer au studio.
Pour le mastering de « Plus rien qui presse » comme pour la plupart des albums d’ailleurs, nous avons confié le travail à Jean-Pierre Chalbos à « La Source » qui a fait un travail magnifique.
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> Qu'est ce qui t'a motivé à choisir Pro Tools ?
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Avant toute chose, la qualité sonore du moteur audio et des cartes DSP. Il n’y a encore pas si longtemps, les quelques faiblesses du système résidaient dans la qualité des convertisseurs.
L’arrivée des nouvelles interfaces 192 a changé beaucoup de choses !
Et puis Pro Tools est vraiment devenu le « standard » d’enregistrement toutes plates-formes confondues, que ce soit pour la musique, la pub, le cinéma, la grande majorité des studios en possèdent un. Sa compatibilité est aujourd’hui incontournable.
J’ajouterais que les développeurs de Digidesign ont beaucoup travaillé sur le MIDI qui, sans être le plus puissant du marché, est désormais très complet et bénéficie surtout de l’énorme avantage d’avoir un « clock » extrêmement précis.
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> Parle nous de ta fabuleuse collection de micro Neumann
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 Neumann km56c |
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J’ai commencé presque par hasard à les collectionner. J’avais hérité d’un vieux km56 à lampes en piteux état et qui dormait dans son étui d’origine. J’ai décide de le remettre en état, ce qui fut d’ailleurs un parcours du combattant car peu de gens dans le monde savent aujourd’hui les entretenir…
Mais, quand j’ai enfin pu le brancher je suis tombe amoureux de sa sonorité très particulière, et j’ai vendu mes micros modernes et me suis progressivement passionné pour les micros « vintage ».
Ebay a fait le reste !!!
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> Comment choisis-tu le bon micro selon les prises ?
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Pour « Plus rien qui presse », après plusieurs essais nous avons finalement décidé de quasiment toujours utiliser le même set up :
Pour la voix :
- Micro M269c Neumann à lampe (la version broadcast du U67) qui convient à merveille a la voix chaude de Yassine.
- Preampli Tubetech MEC 1A, avec très peu de correction, tant le son est doux et transparent.
- Compresseur Manley electro-optique, avec en général un taux de compression assez fort qui « place » la voix bien dans le mix. Une machine comme je les aime, simple et efficace, avec un son très typé comme les affectionne particulièrement Yassine, et qui nous a permis sur de nombreux titres de s’affranchir de l’utilisation de reverb pour un son très « in four face ».
Pour les guitares acoustiques:
- Micros km56c, km54a, km64, km84 ou U87 en fonction de la guitare choisie. On s’est très vite rendu compte à l’usage que pour chacune des guitares du parc de Yassine, qu’il y avait un micro qui lui correspondait mieux, et la mettait en valeur. Ce qui nous a permis de former les meilleurs couples possibles…
- Preamplis Tubetech MEC 1A (toujours lui !) et parfois Universal Audio 6176 (pour les sons plus «rock» ou la guitare 12 cordes).
- Compresseur : Manley electro-optique.
Pour les guitares electriques :
- Boite de direct Manley a lampes.
- Preampli Manley a lampes.
- Compresseur Empirical-Labs Distressor (une machine fantastique qui sublime le son de tout ce qu’on passe dedans, tous les guitaristes en sont dingues !).
La conversion analogue/numérique étant confiée au convertisseur Apogee PSX-100 ou aux interfaces HD192 Digidesign.
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> Avec tous ces plug in disponibles désormais avec Pro Tools, est-il vraiment nécessaire d'investir dans des processeurs à lampes si onéreux ?
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Je souhaitais avoir dans ce studio le « meilleur des deux mondes » comme disent les anglo-saxons, à savoir un bon système d’enregistrement numérique pour la souplesse et la créativité. Mais aussi des machines analogiques comme les EQ Tube-tech ou Manley. Dans le même esprit, les micros a lampes Neumann sont pour moi de véritables « instruments de musique ».
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> Tu disposes également de quelques effets hors norme ! Deux SONY S777 une lexicon 300L, une TC ELECTRONIC 6000. Pourquoi un tel investissement?
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Dès les débuts du studio, j’ai ressenti l’envie et la nécessité de mixer sur place tous les projets sur lesquels j’étais réalisateur. Les effets ont donc été très tôt une priorité. De plus, il y a peu d’espace pour les prises ici, on a besoin de recréer des environnements acoustiques plus larges d’ou le choix d’unités de reverb dédiées haut de gamme , les reverbs en plug-ins consomment énormément de ressource processeur et n’ont pas encore la puissance de traitements d’un M6000 par exemple .
Tous les effets numériques sont câblés en AES dans le Pro Tools pour éviter toute conversion A/D-D/A , le tout asservi a une horloge maître qui assure une stabilité parfaite du système et garantit la qualité optimum de l’enregistrement numérique.
Les effets apparaissent nommément en départs auxiliaires sur les pistes du Pro Tools aussi accessibles qu’un plug-in, ce qui facilite le travail et les « recalls ».
En ce qui concerne la S777 c’est une machine que j’adore, c’est presque un prototype, le ‘concept-car’ de la reverb, hors de prix à sa sortie, elle est aujourd’hui pratiquement introuvable…
Le son est d’un réalisme incroyable, vertigineux !
Il n’y a que 2 réglages possibles sur les programmes : Pre-delay et temps de reverb, mais c’est magique d’avoir le studio Ocean Way ou le Concert Gebow d’Amsterdam dans une boite…
Même si les plug-ins de reverb a convolutions ont fait d’énormes progrès, je ne connais a ce jour pas de meilleure machine pour faire sonner une batterie acoustique ou des samples d’instruments d’orchestre.
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> Qu'est-ce qui différencie l'enregistrement d'un disque avec Yassine de celui d'un autre de tes projets ?
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Avant toute chose, la complicité qui existe entre nous, c’est très agréable de travailler avec quelqu’un qui sait parfaitement ce qu’il veut et qui vous fait confiance.
On a fait un album « a l’ancienne » mais avec tous les outils modernes a notre disposition.
On voulait tous les deux mettre en valeur les chansons, la prestation des musiciens, la qualité sonore des instruments, la subtilité et la richesse de timbre des guitares par exemple.
Même si le travail s’est échelonné sur une longue période on a toujours travaillé rapidement, Yassine est un musicien qui va droit a l’essentiel…
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> Quels sont tes projets dans un futur proche ?
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Je travaille, sur le nouveau film de Djamel Bensalah « Big City », c’est un western avec des enfants ! Je réalise également la bande son de « Soirée de gala » un spectacle de théâtre d’après Tchékhov qui se jouera a Rome, Milan et Paris, et travaille avec Pierre Perez-Vergara sur son prochain album pour Kosinus.
Et puis nous devrions repartir très vite avec Yassine vers de nouvelles aventures…
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